Couple sur terrasse avec store banne motorisé solaire déployé automatiquement
Publié le 6 février 2026

Vous voulez motoriser vos stores bannes ou volets roulants, mais le devis de l’électricien vous refroidit. Câblage apparent, saignées dans la façade, budget qui explose. J’accompagne des propriétaires dans le Sud-Ouest depuis plusieurs années, et cette situation revient constamment. La motorisation solaire change la donne : pas de travaux électriques, installation en quelques heures, fonctionnement autonome. Mais attention aux promesses trop belles. Voici ce que les fiches produit ne vous disent pas.

L’essentiel sur la motorisation solaire en 30 secondes

  • Aucun câblage électrique nécessaire : le panneau alimente directement le moteur
  • Durée de vie réelle : comptez 8 ans pour la batterie, 20 ans pour le panneau
  • Surcoût d’environ 50% par rapport au filaire, mais économie sur l’installation
  • Limite honnête : autonomie réduite en hiver si panneau sous-dimensionné

Ce qui change vraiment avec une motorisation solaire

Oubliez l’image du gros panneau photovoltaïque sur le toit. Ici, on parle d’un capteur discret, souvent intégré au coffre du volet ou fixé sur le bras du store. Il mesure une vingtaine de centimètres. Ce capteur alimente une batterie lithium qui stocke l’énergie. Le moteur puise dans cette réserve à chaque manœuvre.

D’après les données techniques Somfy, la batterie dure plus de 8 ans et le panneau solaire dépasse 20 ans de fonctionnement. Dans les installations que j’ai suivies, ces chiffres se vérifient. Les fabricants comme Telco-Motor proposent des kits complets avec garanties allant jusqu’à 7 ans sur l’ensemble moteur-batterie-panneau.

Panneau solaire intégré sur un système de motorisation autonome



Ce que les fiches produit ne disent pas : le rendement varie selon votre région. Les données d’ensoleillement TotalEnergies basées sur Météo-France montrent des écarts significatifs. Le Nord reçoit 1500 à 1700 heures de soleil par an. Le Sud-Ouest grimpe à 2000-2400 heures. Concrètement, un même kit offre une autonomie très différente entre Lille et Toulouse.

Bon à savoir : Les panneaux captent aussi la lumière diffuse par temps couvert. Le rendement baisse d’environ 30 à 50%, mais la batterie continue de se charger. L’autonomie tient sur plusieurs jours nuageux si le panneau est correctement dimensionné.

Franchement, l’argument écologique me laisse sceptique pour un équipement isolé. La vraie économie sur la facture d’électricité reste marginale. L’intérêt réel, c’est ailleurs : pas de tranchée dans le jardin, pas de câbles à tirer, pas d’électricien à coordonner avec le storiste.

Filaire ou solaire : le vrai comparatif selon votre situation

Je recommande toujours de commencer par cette question : avez-vous déjà une alimentation électrique à l’emplacement prévu ? Si oui, le filaire reste pertinent. Sinon, le calcul change complètement.

Le comparatif prix Sunvolet indique un surcoût d’environ 50% pour le solaire par rapport à un modèle électrique radio. Mais ce chiffre oublie l’installation. Faites venir un électricien pour créer un point d’alimentation extérieur : comptez 400 à 800 euros selon la configuration. Ce coût s’ajoute au volet filaire.

D’après l’étude comparative Volet Français 2025, un volet roulant solaire dimensions standard coûte entre 600 et 800 euros. L’équivalent filaire : 350 à 500 euros, hors installation électrique. Sur 10 ans, l’écart se resserre quand on intègre le remplacement de batterie (autour de 80 euros) contre l’entretien réseau électrique.

Solaire ou filaire : testez en 4 questions

  • Avez-vous déjà une prise électrique à moins de 3 mètres ?
    Oui → Le filaire peut être économique. Non → Solaire à privilégier.
  • Utilisez-vous l’équipement plus de 10 fois par jour ?
    Oui → Restez en filaire, l’autonomie solaire sera juste. Non → Solaire adapté.
  • Votre façade est-elle orientée nord ou ombragée en permanence ?
    Oui → Évitez le solaire ou surdimensionnez le panneau. Non → Solaire performant.
  • Êtes-vous en rénovation sans possibilité de travaux lourds ?
    Oui → Le solaire évite de toucher à l’existant. Non → Les deux options restent viables.

Dans ma pratique, les propriétaires qui rénovent une terrasse ou ajoutent une pergola choisissent le solaire à 80%. Ceux qui construisent neuf partent sur du filaire intégré dès le départ. Les deux choix se défendent.

Pour approfondir les possibilités d’automatisation, je vous invite à consulter les différents automatismes pour stores bannes qui existent sur le marché.

Installation d’un kit solaire sur volet existant, sans câblage



Les 3 erreurs qui ruinent une installation solaire

L’erreur que je vois le plus souvent : choisir le kit le moins cher sans vérifier la puissance du panneau. Ça fonctionne parfaitement de mars à octobre, puis les ennuis commencent.

Piège n°1 — Le panneau sous-dimensionné : Pour un store banne de plus de 4 mètres, un panneau de 5 Wc ne suffit pas en hiver. Visez minimum 10 Wc, voire 15 Wc si vous êtes dans le Nord ou sur façade ouest. Sinon, vous vous retrouverez à manœuvrer manuellement en décembre.

Deuxième erreur classique : négliger l’orientation du panneau. J’ai accompagné Bernard, un retraité de Pau, pour motoriser ses trois stores bannes. Premier panneau installé à l’horizontale sur le coffre. Problème : rendement divisé par deux. Après repositionnement avec une légère inclinaison vers le sud, l’autonomie est devenue correcte. Sauf trois semaines en plein hiver où il a dû utiliser la manœuvre manuelle. Cette limitation existe, autant le savoir avant.

Retour terrain : pergola bioclimatique à Tarbes

J’ai accompagné un couple de retraités en 2023 pour leur pergola. Le storiste local proposait une motorisation filaire avec devis électricien à 1200 euros (tranchée + raccordement). Ils ont opté pour un kit solaire autonome. Dix-huit mois après, le système fonctionne sans accroc. La seule surprise : une semaine de brouillard persistant en novembre 2024 où l’autonomie a chuté. Mais les lames ont continué de bouger, juste plus lentement à la recharge.

Troisième piège : oublier la compatibilité avec l’existant. Tous les stores ne peuvent pas recevoir un kit solaire. Le diamètre du tube d’enroulement, le type de fixation, l’espace disponible dans le coffre : ces détails techniques bloquent parfois le projet. Vérifiez avant de commander.

Vos questions sur la motorisation solaire

Voici les interrogations qui reviennent systématiquement quand j’échange avec des propriétaires intéressés par cette solution.

Ça fonctionne vraiment par temps gris ?

Le panneau capte la lumière diffuse, pas seulement le soleil direct. Le rendement baisse de 30 à 50%, mais la batterie continue de se charger. Après plusieurs jours nuageux consécutifs, l’autonomie peut devenir limitée si le panneau est sous-dimensionné.

Combien de temps tient la batterie avant remplacement ?

Les fabricants annoncent plus de 8 ans. Dans les installations que je suis depuis 2019, aucune batterie n’a encore lâché. Le remplacement coûte entre 60 et 100 euros selon les modèles, et se fait sans outil particulier.

Je peux motoriser mon store actuel ?

Ça dépend du modèle. Les kits de rétrofit existent, mais vérifiez le diamètre du tube d’enroulement et l’espace dans le coffre. Un professionnel peut évaluer la faisabilité en quelques minutes sur place.

C’est vraiment plus économique sur le long terme ?

Si vous devez faire passer un électricien pour créer un point d’alimentation, le solaire devient compétitif. Sur 10 ans, intégrez le coût d’un remplacement de batterie contre l’entretien potentiel du circuit électrique. L’écart se resserre fortement.

Que se passe-t-il en cas de panne ?

La plupart des motorisations solaires conservent une manœuvre de secours manuelle. En cas de batterie à plat, vous pouvez actionner le store ou le volet à la main le temps que la charge revienne. Pas de blocage définitif.

Si vous envisagez d’aller plus loin dans l’autonomie énergétique de votre extérieur, les pergolas photovoltaïques pour votre extérieur représentent une évolution logique : elles combinent protection solaire, motorisation et production d’électricité pour la maison.

La prochaine étape pour vous

Avant de commander quoi que ce soit, posez-vous trois questions. Quelle est l’orientation de votre façade ? Combien de manœuvres quotidiennes prévoyez-vous ? Avez-vous déjà une alimentation électrique à proximité ? Les réponses orientent clairement vers le solaire ou le filaire.

Votre plan d’action avant de vous lancer



  • Vérifier l’orientation et l’ombrage de votre façade (sud ou sud-ouest idéal)


  • Mesurer les dimensions de votre équipement pour choisir la bonne puissance de panneau


  • Demander un devis comparatif filaire vs solaire incluant les travaux électriques

Mon conseil personnel : si vous hésitez encore, faites d’abord évaluer la faisabilité technique sur votre équipement existant. Un professionnel identifiera en quelques minutes si le rétrofit solaire est possible, et à quel coût. Cette étape évite les mauvaises surprises.

Rédigé par Isabelle Moreau, spécialiste en équipements extérieurs motorisés depuis 2018. Basée dans les Hautes-Pyrénées, elle accompagne particuliers et professionnels dans le choix et l'installation de solutions solaires pour stores, volets et pergolas. Son approche privilégie les retours terrain et les critères de durabilité, avec une attention particulière aux configurations atypiques (faible ensoleillement, grands formats).